Qu’est ce qui ne tourne pas rond au PSG? Laurent Blanc est-il le seul fautif?

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Updated: décembre 16, 2014
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Les deux défaites de suite face à Barcelone en Ligue des Champions et face à Guingamp en Ligue 1 ont fragilisé Laurent Blanc à la tête du Paris SG. De là à remettre son avenir en question? Il reste très probable qu’il termine la saison sur le banc, faute de solutions. On le sait depuis longtemps, il n’était que le dernier choix des qataris quand il a été nommé, et les conséquences devaient bien finir par se voir un jour.

Arrêtons nous d’abord sur le côté tactique. Laurent Blanc, on le sait, son système, c’est le 4-3-3. En équipe de France, à Bordeaux, au PSG, il a toujours joué comme ça. Premier constat, on peut regretter son manque d’innovations. Vous me direz, tout dépend du rôle de chacun, ce n’est qu’un schéma, il n’y a rien de figé. Mais a-t-on déjà vu évoluer Cavani et Ibrahimovic à deux devant? Avec un numéro 10 en soutien par exemple, ou deux ailiers sur le côté? Mourinho a éliminé le Paris SG, entre autre, en faisant remonter David Luiz en sentinelle devant la défense. Avec un Motta de moins en moins performant, est-il interdit d’essayer, surtout que Marquinhos apporte des garanties défensives très intéressantes?

Que dire de ses choix en cours de match :

  • Lavezzi toujours remplacé, soit par Lucas, soit par Pastore, soit par Bahebeck.
  • Cabaye, Rabiot ou Chantôme qui remplace un des trois du milieu de terrain.
  • En cas de mauvais résultat, sortir un du milieu pour rajouter un attaquant. Voir deux. En gros, empiler.

Laurent Blanc entraîne le PSG comme on fait des remplacements à Fifa. Et j’ai bien dis Fifa, parce que même sur Football Manager, c’est plus compliqué.

Que dire du côté humain? Laurent Blanc est parti de son poste de sélectionneur en froid avec la FFF et son départ a été plus que bien accueilli par tous les bordelais. Quand son prédécesseur sur le banc du PSG ne recueillait QUE des éloges de ses anciens joueurs, ses anciens dirigeants ou ses anciens supporters.

Arrêtons nous maintenant sur les résultats. Forcément, la confiance accumulée lors de la saison précédente en réalisant le doublé coupe/championnat et en pratiquant un football agréable lui a offert une certaine légitimité, qui lui permet aujourd’hui de disposer d’un peu de sursis.

Mais dans les moments vrais grands matchs, la direction du PSG n’a jamais exulté. L’an dernier, le PSG n’a rencontré que deux équipes de son « calibre »: Chelsea, et dans une moindre mesure, Monaco. Deux matchs nuls face aux monégasques de Falcao et James Rodriguez, une élimination contre Chelsea très mal perçue, où le coach avait semblé totalement dépassé par les évènements.

Sous Carlo Ancelotti, si l’élimination contre le FC Barcelone avait été un coup dur, il en reste néanmoins que les parisiens en étaient sortis fiers, mais aussi et surtout que jusque là, l’équipe était en constante progression, et c’était son vrai retour aux joutes européennes.

Avec Laurent Blanc, c’est l’impression inverse qui se dégage. Comme si le PSG reculait et redevenait un club de Ligue 1, avec des stars sur le terrain. En un an et demi, un coach de renommée internationale avec un palmarès qui le place dans le top 3 mondial (et je n’en vois pas d’autres en activité à avoir gagné 3 ligue des champions…) est remplacé pour un coach de renommée nationale dont le palmarès européen est vierge. Le directeur sportif qui dictait la marche à suivre et qui avait un projet sportif a quitté le navire à cause de la justice sportive française. Les adjoints techniques ou médicaux, pour diverses raisons, ne sont plus là aussi (Paul Clément, Angelo Castellazzi, Claude Makélélé, Giovanni Mauri, Gilles Bourges). Désormais, tout le staff est français, il ne reste qu’un italien et un portugais. Pour un club de renommée internationale, c’est trop peu.

Rajoutez à cela l’omniprésence du président Al Khelaïfi, qui descend dans les vestiaires à la mi-temps, et vous comprenez que la stature du club est sur la pente descendante. Avons nous déjà vu Florentino Perez s’immiscer dans le travail de son entraîneur à ce point? Abramovitch? Bartomeu? Les frères Glazer? Hopfner? Aucun de ceux là. Partager l’émotion de la victoire après le match, pourquoi pas. Venir à la mi-temps pour essayer de remotiver, ou autre, à quoi ça rime? N’y a-t-il pas un entraîneur pour ça?

Aujourd’hui, le vestiaire semble totalement détaché du discours de Laurent Blanc et le manque de hiérarchie à tous les niveaux pose un réel problème. Le moindre grain de sable prend une ampleur bien trop grande, la communication est mal gérée et les différents plans pour parvenir à l’objectif final, gagner la ligue des champions, n’existent pas. Il ne suffit pas d’avoir un objectif pour y arriver, il vaut mieux y aller étapes par étapes. Les premières ont été franchi par Leonardo, Ancelotti et son staff. Depuis, Laurent Blanc n’en a franchi aucune.

Le but n’est absolument pas de comparer Laurent Blanc à Carlo Ancelotti (à vrai dire, y a pas photo), mais simplement de recontextualiser à plus grande échelle ce qui se passe au Paris SG, pour comprendre l’évolution du club. Le PSG est un club qui se doit de disposer d’un entraîneur de haut niveau, avec un staff de haut niveau et des contours bien dessinés s’il veut réaliser ses objectifs. Or il n’y a plus rien de tout ça. Aujourd’hui, seuls les joueurs sont de haut niveau et on voit que dès qu’ils ne répondent pas présents, le PSG peut même perdre à Guingamp.

Alors non, Blanc n’est pas le seul fautif. Non, Blanc n’est sûrement pas un si mauvais entraîneur (on l’a un peu vu l’an dernier, plus à Bordeaux). Mais force est de constater que le costume d’entraîneur du Paris Saint Germain est un peu trop grand pour lui.


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2 Commentaire

  1. quentin

    16 décembre 2014 at 22 h 53 min

    Rien à dire sur la construction de ton article. Tu étayes bien ton opinion mais je ne la partage pas sur Blanc qui pour moi a un grand avenir internationale a défaut d’un palmarès européen déjà fournit.

    Comme tu le dis si bien dans ton article tel qu’est structuré le club ils peuvent empiler les meilleurs entraîneurs du monde ils n’auront pas les résultats souhaités.

    Alors pour répondre au sujet à mon humble avis c’est un problème de club pas entraîneurs. Je pense que le problème est du côté de l’actionnaire qui peine à avoir de la reconnaissance internationale.

    L’or noir ne suffit pas à gagner le respect et leur menace de licenciement, leur différence de traitement entre entraîneur et joueur, en un mot leur impatience font qu’à l’heure actuelle personne ne veut travailler avec de telles personnes.Par ailleurs ils sont accusés de corruption et d’esclavagisme…

    D’ailleurs il faut se poser la question pourquoi les autres pistes d’entraîneurs n’ont-elles pas abouti lors du départ d’Anceloti et pourquoi est-il partie justement ???

    Pour rappel lors de la saison 2011-2012 Kombouaré se fait virer comme une merde alors que Paris est champion d’automne, remplacé par Ancelotti qui se fait prendre le trophée par Montpelier.

    Saison 2012-2013 Paris est champion et fait les quarts de finale de la champions league. Pourtant lors du match retour de poule contre Porto Ancelottie se fait menacer de licenciement s’il perd.

    Été 2013 il s’en va au Réal. Les actionnaires tellement vexé et a cours de moyen demande au Réal 10 millions pour racheter son contrat et demande 2 match amicaux ou Paris serait l’unique bénéficiaire. Un an plus tard il dira que le club du PSG est très mal structuré.

    Finalement et après le refus d’une dizaine entraîneurs dont Mourinho, Wenger, … Vilas Boas puis Blanc qui est finalement le seul à accepter les conditions de merde que lui propose le PSG.

    Ils donnent des ambitions, de l’argent, des stars, mais aucune confiance dans entrainement. Pourquoi ? Parce que ils veulent tous contrôler !

    Maintenant je te pose une question : Ne crois-tu pas que c’est l’ambition des actionnaires qui est trop grande par rapport au costume du club qu’ils sont en train de coudre ?

    Je suis supporter Parisien depuis toujours et je suis plutôt favorable au changement mais la c’est pas très humain tous ça.

    • ape93

      17 décembre 2014 at 1 h 05 min

      Et bah déjà, merci pour ce LONG commentaire! Je vais essayer de te répondre de la manière la plus claire possible 😉
      Je te rejoins évidemment sur les erreurs et l’empressement des actionnaires : c’est bien connu, les qataris veulent tout, trop vite. Et c’est pour ça que je ne condamne pas Blanc, mais je pense qu’en tant qu’entraîneur d’une équipe du top 8 mondial, il n’a pas l’étoffe. Il n’y a qu’à regarder le nom des entraîneurs des autres équipes, ou leur palmarès, et ça suffit pour s’en rendre compte.
      Pour Kombouaré, c’est « triste » mais c’est normal, pour la raison que je viens de développer justement. Et c’était pour avoir Ancelotti.
      L’erreur principale des qataris a été de mettre la pression sur Ancelotti après ses trois résultats foireux, avant Porto comme tu l’as dis. Je te rejoins à 100%, quand on a un coach comme ça, on le garde. Là ou je ne suis aps d’accord, c’est que je ne pense pas que les qataris étaient vexés, au contraire, ils faisaient tout pour le garder et le faire changer d’avis. Ils se sont rendus compte trop tard de leur erreur, le mal était déjà fait et Ancelotti ne jurait que par le Real.
      Je dirais que le défaut majeur des qataris, c’est qu’ils sont tout le temps dans le « m’as tu vu », l’image que l’on se fait d’eux est primordiale. Et dès qu’on parle un peu en mal de leur « joujou » (le PSG), ils se sentent offensés et mettent la pression. Le PSG est de nouveau regardé en Europe, c’est Paris, donc en terme d’image et de représentation, ils ont choisi ce qui fait de mieux. J’ose penser que l’erreur commise avec Ancelotti ne serait pas refaite. Comme les joueurs, comme les entraineurs, ils ont besoin d’une période d’adaptation. Regarde à City, Mancini est resté deux ans puis s’est fait virer pour mauvais résultats, mais surtout parce que le discours auprès des joueurs ne passaient plus. Puis Pellegrini est arrivé, et reste en place depuis.

      Quant aux refus des entraîneurs, ils étaient plus dus au fait que ces hommes étaient déjà en place, Mourinho, Wenger, Guardiola, Simeone, Capello, Hiddink, etc.

      Pour ce qui est du côté « moral », en terme de corruption, je pense que les européens sont pas mal dans le genre aussi. La corruption n’est pas propre qu’aux qataris : elle fait juste plus de bruit que les autres. Là ou il y a de l’argent il y a de la corruption. Et ce qui se passe au Qatar quand tu parles d’esclavagisme n’a rien à voir avec ce qui se passe au PSG. J’ai compris que tu parlais d’image, mais soyons réalistes, les joueurs sont loin de toutes ces choses là, si le chèque et le projet sportif est là, ça leur suffit largement. C’est sous Berlusconi que le Milan AC a construit son palmarès.

      En gros, je dirais que le PSG peut se targuer d’avoir ces nouveaux investisseurs, dans le sens où le club a quand même complètement changé de standing depuis leur arrivée. La marche ultime est la plus dure à franchir et je ne pense vraiment pas que Blanc ait l’aura ou le charisme nécessaire pour s’imposer dans un vestiaire comme celui du PSG. Peut-être dans le futur mais pas pour l’instant.

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