Peut-on parler de magie de la Coupe de France?

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Updated: janvier 6, 2015
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Ah cette bonne vieille coupe de France… Créée en 1917 au milieu de la Première Guerre Mondiale avec pour seule consigne d’être « ouverte à tous », elle fait suite à une série de mouvements nés d’une volonté d’unification, à l’image de l’Union Sacrée, qui devait rapprocher les gens de toutes opinions différentes, politiques ou religieuses. Ce sont ces mêmes valeurs d’égalité et de non différenciation qui, bien qu’elles soient constamment mises en avant, sont bafouées à longueur de temps par certains, bien plus pressés d’accuser et de punir que d’étudier et de méditer.

L’ouverture, voilà ce qui rend cette compétition unique en son genre et si importante. Dans un sport où le fossé ne cesse de se creuser entre professionnalisme et amateurisme, cette compétition offre 90 minutes pour tout remettre à plat : quelque soit les écarts, quelque soit les disparités, les comptes sont remis à zéro au coup d’envoi. Évidemment, les surprises ne sont pas légions, mais le simple fait qu’il puisse en exister rend ce sport unique et contribue à l’humaniser.

Voilà donc l’année 2015 qui débute traditionnellement avec ces matchs qui apparaissent comme souvent déséquilibrés, mais où l’imprévu peut vite prendre le dessus sur le scénario. Comment décrire l’expérience vécue par les grenoblois, emmené par Nassim Akrour, 40 ans et toujours l’envie de jouer au foot? Le tirage au sort faisait déjà figure de beau cadeau, pouvoir se frotter à l’OM de Bielsa, premier du championnat de Ligue 1, sans rien espérer d’autre que de tout donner et de faire bonne figure.

Que peut-il bien se passer dans leur tête quand au bout de six petites minutes, Gignac, international français, élimine plusieurs joueurs et s’en va ouvrir le score d’un plat du pied dans le petit filet? Pas un de nous ne se serait risqué à parier sur une qualification de Grenoble. Mais les isérois ne se laissent pas démonter et égalisent dans la foulée. Gignac marque encore, et l’OM rentre au vestiaire avec un avantage au score. Physiquement, on se dit que les grenoblois ne tiendront pas, que le match est plié. Pire, cette année, s’il y a bien une chose qu’on peut saluer à Marseille, c’est cette volonté de ne rien lâcher, alors l’issue du match ne semble faire aucun doute.

Et pourtant. Une erreur d’appréciation plus tard, et Grenoble égalise à nouveau au retour des vestiaires. Les minutes passent. Et si finalement les amateurs, pensionnaires de CFA pouvaient le faire? Il leur faut pour ça tenir, tenir jusqu’au bout. À la fin du temps règlementaire, l’exploit est déjà énorme, ils ont fait mieux que résister, ils ont rejoints deux fois l’OM au score, et s’apprêtent à disputer une prolongation. Le rêve devient possible! Plus que deux petites périodes de quinze minutes où il faut oublier les efforts consentis jusque là et remettre le bleu de chauffe.

Soudain, l’erreur d’inattention, la déconcentration, la fatigue… Et André Ayew, juste avant son départ pour la CAN ôte à Marseille une belle épine du pied en marquant le troisième but. Il ne reste plus que vingt minutes à jouer : à Grenoble, on a des crampes, plus de jus, mais on donne tout ce qu’on peut dans la bataille. Marseille semble émoussé aussi, sans génie, comme si l’immonde terrain sur lequel se jouait ce match avait épuisé physiquement et psychologiquement les vingt-deux acteurs. Marseille a des occasions énormes, mais un faux rebond, un mauvais choix, et le club reste à portée au tableau d’affichage.

Les cinq dernières minutes se jouent au mental. On rentre dans les arrêts de jeu, et la magie de la Coupe de France opère à nouveau. Une belle action, des marseillais qui ne suivent pas et qui veulent simplement en terminer, quand le capitaine des amateurs s’arrache pour placer une magnifique tête plongeante qui crucifie le jeune Samba. Le stade explose, l’espoir renaît, l’impossible est redevenu possible!

Comme si une séance de pénalty ne suffisait pas, Grenoble l’emporte en plus grâce au tir raté de Florian Thauvin, ancien du club, là ou il s’est fait remarqué.
L’exploit est énorme, les scènes de joie font plaisir à voir et voilà bien le seul sport au monde où cette performance est possible, où tout peut être remis à égalité le temps d’un match. Bien sûr, l’avenir nous dira s’ils seront capables de réitérer l’exploit, mais tous ses joueurs porteront cette fierté toute leur vie, montreront ce match à leurs enfants et se rappelleront que ce soir là, David était grenoblois.


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