Billet d’humeur : HONTE sur le football français

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Updated: mai 5, 2015
Honteux

Magnifique pays que celui de la liberté d’expression, de l’ouverture d’esprit et du respect des valeurs. Magnifique pays que celui du peuple et de la démocratie.

Oui, la France, c’est ça. Un pays qui vit sur son passé, qui n’arrive plus à avancer mais qui continue à se croire meilleur que tous grâce à la vaste fumisterie de la Révolution Française et du siècle des Lumières.

Ah, elle est belle cette France, celle qui voulait nous faire croire il y a seize ans maintenant qu’elle était « Black Blanc Beur », que sa mixité et son ouverture, c’était sa force ! Mais qui expulsait par la petite porte ceux qui la dérangeait, et qui continue d’expulser…

Le football, symptomatique de ces maux.

Voyez un peu cette énorme blague des trophées UNFP. Sans vouloir faire offense aux nominés, c’est un fort sentiment de honte qui m’anime quand je vois l’absence parmi les quatre retenus des deux coachs étrangers de notre Ligue 1, Marcelo Bielsa et Leonardo Jardim.

On leur préfère par exemple Galtier, cinquième et piteusement éliminé de l’Europa League sans avoir la moindre victoire en six matchs dès la phase de poule, où figurait les monstres Qarabag et Dnipropetrovsk – je vous calme tout de suite, certes les derniers cités sont en demi-finale, mais après avoir battu Olympiakos, l’Ajax et Bruges, d’autres monstres aussi.

D’un côté, le fantasque argentin, adulé et reconnu par tous les plus grands, a donc enthousiasmé tous les supporters et tous les amoureux du foot pendant la première partie de saison, proposant quelque chose de jamais vu en Ligue 1 : un nouvel état d’esprit, un retour aux fondamentaux et une rigueur disparue depuis longtemps dans les centres d’entraînements français.

Résultat, les joueurs ont joué à un niveau qu’on ne les imaginait même pas capable d’atteindre. Ses torts ? Des méthodes de travail trop lourdes, une incapacité à parler français, à sourire aux journalistes, et sa glacière.

De l’autre, le gentil portugais a récupéré un groupe amputé de ses meilleurs éléments (Falcao, James Rodriguez, Abidal, Obbadi, Rivière…), avec un budget moindre et un projet à reconstruire à la base, tout le contraire de ce pourquoi il était venu.

Résultat, après une première partie de saison passée à s’adapter au « style Ligue 1 » et à renier ses velléités offensives, il a retrouvé le podium et a atteint les quarts de finale de Ligue des Champions en éliminant Arsenal, solide deuxième de Premier League.  Ses torts à lui ? La mise en place d’un jeu basé sur des attaques rapides ainsi que sur une défense basse et solide, et son accent.

Si vous en doutez, jetez un coup d’oeil à mon dossier sur Marcelo Bielsa et à mon portrait sur Pierre Ménès.

Les raisons d’un rejet

Alors, comment expliquer ces deux absences totalement injustifiées, si ce n’est par le prisme du corporatisme ? Les entraîneurs de Ligue 1 et de Ligue 2 votent, et les quatre premiers qui sortent sont les nominés. Ont-ils d’autres torts que de simplement apporter une nouvelle vision du football et du jeu ? Une vision qui décrédibiliserait la somme d’excuses toutes plus bidons que les autres que les dirigeants et entraîneurs français nous rabâchent à longueur de temps.

Monaco 3e de Ligue 1 et en quart de finale de la Ligue des Champions :

Merde alors, on pourrait jouer tous les trois jours en fait ? Réponse : « évidemment, regardez les budgets. » Dîtes-moi, quand l’ASM s’impose 3-1 à l’Emirates, il est ou le budget comparé aux joueurs d’Arsenal ? Chez Echiejile, Abdennour, Wallace, Touré, Fabinho, Dirar ou Martial, tous titulaires au match aller ?

Merde alors, on pourrait même gagner avec un budget inférieur en fait ? Réponse « Monaco est clairement avantagé par son régime fiscal. » Dîtes-moi, quand Guingamp se qualifie pour les seizième de finale d’Europa League, il est ou le budget ?

Merde alors, c’est vrai ça. Réponse : « quel talent, quel mérite, on va le mettre dans les trophées du meilleur coach de l’année tiens ! »

Ce à quoi on assiste est juste incroyable et la preuve ultime d’un besoin radical de faire un grand ménage dans le football français, et en particulier parmi ceux qui composent et dirigent les instances décisionnelles.

Parce qu’il y en a marre de la culture de l’excuse, du rejet perpétuel de la critique et du refus systématique d’oser tendre l’oreille à quelqu’un « qui vient d’ailleurs« .


Billet d’humeur : HONTE sur le football français

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4 Commentaire

  1. martin

    20 mai 2015 at 23 h 59 min

    qu’est qu’a fait bielsa par rapport à galtier voir budjet mon ami!!

    • ape93

      21 mai 2015 at 12 h 08 min

      Le budget ne fait pas tout !

  2. lisandrofan

    21 mai 2015 at 13 h 58 min

    Je met un 10/10 à cet article. Je souhaite bonne chance à ce nouveau blog.

    • ape93

      21 mai 2015 at 14 h 21 min

      Merci bien ! 🙂

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